Réflexions, Témoignages

Témoignages et réflexion : Culpabilité et culpabilisation

Bonjour les tribu’.Article réflexion que je compte aborder aujourd’hui, et pas des moindres puisqu’il s’annonce compliqué à écrire et à mettre en oeuvre, mais je me lance le défi sur un sujet qui me tiens à coeur depuis ma plus tendre enfance : La culpabilisation (et les cavaliers). Je crois qu’on a tous et toutes eu ce moment où, après une discussion animée, on a culpabilisé. Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans notre passion, la culpabilisation est de mise au quotidien quant à notre rapport avec tout ce qui nous entoure, mais est encore plus dur à supporter lorsqu’elle provient d’un dialogue avec un tiers, et pas par une remise en question qui nous est propre. C’est de ce sujet dont on va discuter pour inaugurer une nouvelle catégorie du blog : Les témoignages. En effet, pour créer cet article, j’ai mis plusieurs personnes à contribution afin de construire un dialogue entre nous tous, et orienter mes réflexions autour de mes lectures. Je remercie par avance les femmes qui ont contribué à son écriture, vous gérez. Aussi, j’oriente bien-sur cet article autour du monde du cheval, mais il est transposable à n’importe quel thème puisque la culpabilisation est (malheureusement) universelle.

– Un petit point définition.

Selon notre ami Drclic (aka le premier lien trouvé quand j’ai tapé le mot dans Google) ; « La culpabilisation est un sentiment négatif qu’il faut bien distinguer de la culpabilité. La culpabilité est la reconnaissance d’être coupable d’une faute que l’on sait avoir commise. La culpabilisation est la culpabilité qu’on éprouve pour une faute que l’on croit avoir commise. »

Faisons donc bien la distinction entre culpabilisation et culpabilité par un raccourci simple : Quand j’ai pris un kilo à cause de la raclette de la veille alors que je m’étais promis de ne pas abuser sur le fromage, je culpabilise. Par contre, quand mon copain me lance « eh, t’a pas pris un peu de fesse depuis la raclette de samedi ? » et que je ne suis pas montée sur ma balance pour le vérifier, je suis victime de culpabilisation de mon amoureux ; il me fait culpabiliser d’avoir grossi… sans que je sache si c’est le cas.

Pour raccourcir au niveau cheval, on pourrait dire que je culpabilise d’avoir (encore) oublié d’appeler le maréchal, du coup la Jaunisse a les pieds un peu long. Par contre, quand une voisine de stalle me lance « Eh, ils sont vachement longs les pieds du jaune non ? Le maréchal c’est pas pour les chiens », je suis victime de culpabilisation… Et la question des pieds en eux-même ne se posent même pas au final, je ne les ai pas vérifiés (et j’ai une poutre dans l’oeil quand il s’agit d’en juger). Au final, je culpabilise, sans vraiment savoir si c’est légitime.

En gros :

Culpabilité : le sentiment triste qu’on a quand on regrette notre action qu’on sait avoir faite.

Culpabilisation : sentiment triste quand on regrette une action qu’on pense avoir faite (ici, nous parlons d’un tiers qui la provoque) et qui nous fait… culpabiliser !

Culpabiliser : Verbe affilié au sentiment de culpabilité

Toute la différence se pose là, au niveau de la légitimité de cette culpabilité.

Oui mais concrètement, parfois on nous fait culpabiliser… à tord ou à raison ? Je différencierais ça en deux groupes : la culpabilisation bienveillante, qui a un but positif (même si la personne a tord, ce n’est pas la question), qui vise à nous aider ; et la culpabilisation malveillante, qui a pour but de nous blesser en exprimant par exemple sa frustration ou sa jalousie en nous le faisant payer.

⁃ La culpabilité.

Sans parler d’une tierce personne, parlons un instant de notre propre culpabilité causée par un élément extérieur neutre ou une remise en question personnelle avec le témoignage de Nina, qui a 17 ans et déjà une grande force de remise en question et de maturité :

« Coucou !!

Alors moi c’est par rapport à mon poids. J’ai 17 ans et demi et j’ai environ 10kg de trop (8 maintenant 🙌). Ma jument étant désormais en pré retraite, je me suis arranger avec ma monitrice pour me trouver un petit cheval porteur pour m’amuser en concours. On s’était mises d’accord sur une trotteuse. Mais suite à un problème, nous avons dû recommencer nos recherches. Deux places s’étaient libérées sur une ponette un peu plus petite que la mienne et beaucoup moins porteuse.. J’étais pas du tout pour mais voulant faire plaisir à ma monitrice, je l’ai essayé. Première séance, elle boîte. Le sur-lendemain, elle est monté : tout va bien. Deuxième séance, elle boîte. Le lendemain, elle pète la forme et fait des accélérations avec sa cavalière. Là, intérieurement, je me dis « C’est ma faute, je suis trop grosse. » Troisième séance, elle boîte. Ma mono décide d’aller chercher une autre selle pensant que quelque chose cloche sur la sienne (qui n’était pas la sienne car elle l’avait bousillé lors d’une chute quelques temps auparavant). Miracle. Elle peut enfin trotter, mais je la sens faire énormément d’efforts pour nous déplacer toutes les deux. Impossible pour moi de trouver une position. J’ai commencé à pleurer quand je me suis rendue compte que c’ était bien moi le problème.. Au bout de 10 minutes, j’ai décidé d’écourter la séance. Personne ne comprenaient. Personne ne voulaient comprendre. Ils me disaient tous, qu’il faudrait du temps pour que j’apprenne à la connaître, que j’étais de mauvaise foi… Après ça, c’était impossible pour moi d’expliquer à quel point je me sentais mal d’avoir fait subir tout ça à cette jument.. Je me sentais mal parce que je venais de perdre la confiance en moi que j’avais auparavant à cheval. Je me sentais mal parce que je me rendais compte une fois de plus que mon poids était un obstacle à beaucoup de choses…

Puis une amie à essayer de discuter avec ma mère à propos de ça. Elle voulait savoir pourquoi j’avais abandonné mon rêve d’aller à Lamotte. Ma mère lui a expliqué le problème avec mon poids et là, elle a compris que c’était pas en me disant que j’étais pas grosse, qu’il fallait du temps etc.. Que j’allais remonter sur cette jument, parce qu’elle a compris que je ne le referai jamais. Elle m’a alors prêté son cheval que je travaillait depuis quelques mois déjà. Un appaloosa croisé cheval de trait ! Depuis nous évoluons ensemble et je me sens beaucoup mieux à cheval. Nous allons faire notre premier concours quand le beau temps sera parmi nous. Mais il m’a déjà énormément redonner confiance en moi et ça, ça n’a pas de prix ! »

Ici, nous avons un exemple parfait de culpabilité légitime suite à une remise en question. Ce n’est pas une tierce personne qui a provoqué cette culpabilité mais bien le principal intéressé, soit ce petit cheval. Au final, l’histoire finit bien mais Nina se heurte à l’incompréhension de ses proches, qui au lieu de l’aider, renforce son sentiment de culpabilité : Pourquoi n’y a t’il qu’elle qui voit le problème ? À ça s’ajoute le sentiment de solitude, puisque personne ne peut comprendre son sentiment dans son entourage.

Je n’ai aucun conseil à vous donner à propos de cette culpabilité personnelle et légitime, si ce n’est de faire le mieux pour vous… et votre monture !

⁃ La culpabilisation du professionnel

Cette fois-ci, c’est une anonyme qui va témoigner pour nous à propos de la culpabilisation d’un professionnel du monde du cheval.

« Pas plus tard que la semaine dernière, une professionnelle est venue voir pour le problème de selle avec T. (son cheval ndlr). Son verdict : ma selle lui va à elle mais pour moi elle est trop petite.  » Tu as du prendre du poids depuis elle te va plus » et ensuite  » De toute façon je te l’avais dit que T. était un peu petite pour toi ». Ces deux phrases ont été les pires à entendre pour moi.. Certes je pense de plus en plus à moins monter ma jument car sa selle me donne des douleurs dans le dos et sa morphologie n’est pas simple à seller. Maintenant je monte souvent mon trotteur plus grand. Mais ça ne veut pas dire que je n’ai plus envie de monter et de me faire plaisir avec elle. J’ai beaucoup réfléchi et j’ai envie de continuer à la monter de temps à autre pour maintenir le moral et la forme et évoluer à pied d’avantage car elle aime ça. Je suis pas simplement une cavalière mais avant tout une propriétaire qui aime ses deux loulous. Ne jamais me dire que je ne fais pas assez pour eux car on me l’a dit une fois pour T. et c’est bien pire à entendre quand on est prête à tout pour leur bien être et pour ce qu’ils représente pour moi. »

Il est difficile de différencier les culpabilisations quand ce sont des professionnels qui nous les procurent : bienveillance ou malveillance ? Si les mots sont importants, ils peuvent se révéler extrêmement blessants, comme nous le montre notre amie qui a totalement culpabilisé de son poids et de sa taille (et pour la connaitre personnellement, je peux vous assurer qu’en plus, c’est illégitime !), ce qu’elle ne peut pas changer ! Je crois en la bienveillance des professionnels, donc je suppose que cette pro’ voulait aller dans ce sens : Malheureusement, c’est un échec. Il faut savoir choisir ses mots quand on travaille avec le public, d’autant plus quand on a en face de nous des clients qui doivent subir régulièrement ce genre de remarques, telles que les personnes en surpoids.

Mon conseil ? À vrai dire, j’en ai plusieurs : Répondre calmement, comme « Je ne pense pas que cela relève de votre domaine de compétences » ou « Ce que vous dites ressemble à un jugement personnel absolument pas objectif » ou encore « Vous devriez mieux choisir vos mots pour parler à vos clients ». Vous pouvez aussi pousser une gueulante quand les mots sont allés trop loin, j’aurais tendance à penser à la phrase « Je ne vous paye pas pour émettre ce genre de commentaires », que j’ai malheureusement du utiliser une fois. Et surtout, une fois le pro’ parti, prenez deux minutes pour faire une petite remise en question. Vous êtes sur de vous ? Alors continuez votre route. Mais il faut absolument dire au concerné que cela ne vous plait pas : si il est bienveillant, il se rendra vite compte qu’il s’exprime de la mauvaise manière et se révèle être contre productif dans sa démarche.

⁃ La culpabilisation de fin de vie.

Cindy, 22 ans, témoigne douloureusement à propos de l’accompagnement de fin de vie de son cheval de coeur, Dandy.

« Je replace le contexte. Cheval acheté in-extremis à ses 15 ans juste avant qu’il ne soit envoyé à l’abattoir.

Il était battu. Mal/sous-nourrit. N’avait jamais vu un veto. Et est arrivé bien sûr blessé. Donc arrive à ses 24 ans, le diagnostic tombe. Foie et reins complètement usés d’avoir toujours dû compenser et subir une alimentation trop rare ou alors faible et inadaptée (il mangeait de l’écorce en hiver ) et cœur bien fatigué lui aussi. Arthrose légère. Mais aucune douleur. Soit ça dégénère mais on le verra, soit ça continue et il finira par s’endormir de lui même.

Je décide donc de ne rien faire médicalement. Étant assistante vétérinaire je savais très bien ce que je faisais, mais je ne voulais pas prendre le risque d’une mauvaise réaction aux traitements pour au final gagner une paire de mois. Mais malheureusement j’en ai pris pour mon grade avec cette décision…. pas mal de monde s’est retourné contre moi en criant à la négligence voire à la maltraitance… on me reprochait de ne pas aimer mon cheval, alors qu’il était toute ma vie …. Ces jugements m’ont bouffé..

J’étais profondément convaincue de faire ce qu’il fallait pour mon cheval. Mais à force ma confiance en moi et en ce lien que j’avais avec mon Loulou a disparu. Et j’ai donc fait ce que tout le monde voulait de moi…… j’ai donné le traitement à mon cheval. Dandy qui jusque là était plutôt en bonne forme à dépérit en l’espace de 3 jours. Et la culpabilité de ne rien faire s’est transformé en culpabilité et colère envers moi même. Je m’en voulais de ne pas nous avoir écouté lui et moi… J’étais perdue. Continuer de faire comme tout le monde dit, faire « bien » et voir mon cheval mourir à petit feu ou commencer à vraiment avoir foi en moi et mes convictions. J’ai donc décidé de m’écouter MOI. C’est donc ce que nous avons fait, pendant un an, jusqu’à qu’il nous quitte un matin de mars. Une CA a été réalisé après son départ , il est parti heureux , paisible et sans souffrances.

Maintenant je sais que peu importe ce que peut dire l’entourage , quand le gardien d’un animal est convaincu d’une chose concernant son animal , même s’il doit se remettre en question il doit garder dans un coin de sa tête que c’est lui qui connaît le mieux son compagnon. »

Ce témoignage poignant nous rappelle un adage qui nous accompagne et qui nous est répété inlassablement depuis toujours : Quoi que nous fassions, nous serons jugés. Ou plus simplement « On est toujours le con de quelqu’un », et c’est visiblement applicable au monde du cheval, comme nous l’explique Cindy. Au final, cette culpabilisation de ses tiers l’ont forcée à mettre ses principes de coté, pour une conséquence qui n’a pas mis longtemps à arriver. Comme des mauvais conseils prodigués qui nous font regretter d’avoir mis de coté nos principes, la fin de vie d’un cheval est sujet à controverse, même quand les culpabilisateurs ne sont même pas concernés par l’animal en question. Je n’aurais pas de conseils à donner tant cette situation doit être dure à supporter, mis à part celui de communiquer et d’expliquer ses choix, que ce soit pour la fin de vie ou pour tout autre principe qui nous parait important, tel que le sans-mors (ou l’avec), le sans-fers (ou l’avec), etc. La personne en face de nous est peut-être ouverte à la discussion et au débat, prendra nos arguments et donnera les siens, et une discussion calme et réfléchie pourra avoir lieu, sans pour autant que vous ne changiez d’avis ou provoquiez un changement en face de vous. Chaque choix que vous faites dans votre vie équestre vous est propre et est légitime à partir du moment où il est réfléchi et mis en oeuvre correctement. Qu’une personne soit en désaccord avec ces choix peut arriver, mais il ne doit pas avoir d’incidence sur vous, si ce n’est une remise en question qui confirmera (ou pas) votre décision et vous permettra de la réfléchir encore un peu plus. Comme toujours avec moi, le maitre-mot reste communication. Et si votre interlocuteur n’y est pas réceptif, à bas la communication et bonjour l’honnêteté avec un « mêle toi de tes affaires » bien senti.

Ce qu’aurait pu justement lancer mon amie, sous son pseudo Lycorne, lorsqu’elle témoigne :

« Genre deux heures avant que mon cheval meurt, un voisin qui aidait le veto et moi à tenir mon cheval pour lui mettre la morphine, a dit en voyant le veto faire une natte pour faire tenir le catheter « ça fait longtemps que tu lui en a pas faut » – comprendre tu prends plus soin de lui… »

Là, c’est carrément une baffe qui méritait de voler tant ce commentaire culpabilisant et moralisateur était mal senti au moment M de la situation d’un cheval en très proche fin de vie. Mais je ne suis peut-être pas objective et j’envoi mon soutien à Lycorne qui a du beaucoup souffrir de la perte de son cheval et de la médisance de son voisin.

⁃ La culpabilisation jalouse.

C’est une jeune femme de 18 ans qui se joint à nous pour témoigner de sa plus violente culpabilisation.

« Alors moi je monte des chevaux de propriétaire, c’est pas des chevaux de grand prix mais je les aime d’amour, ils sont super gentils et je sais qu’avec eux je risque pas de me fracasser à terre.. Un jour je discutais avec une amie parce que la jument ne veut plus rien faire avec quelqu’un d’autre que moi, et je lui disais en rigolant que j’allais finir par devoir la racheter même si c’est pas spécialement le type de cheval que je recherche, elle m’a répondu du tac au tac que c’était des chevaux qui valaient rien et que j’irais jamais nulle part avec ce genre de chevaux. Après ça elle m’a critiqué grandement parce que je monte avec des éperons, que j’utilise pour mobiliser la hanche de ladite jument qui ne mobilise pas du tout et qui n’est pas du tout sensible à la jambe, pas pour avancer mais pour « piquer » quand il faut lui rappeler qu’elle a une hanche et qu’il est temps de la pousser. Selon ses dires, je n’avais pas le niveau pour utiliser des éperons parce que ELLE avait bossé avec un pro et elle savait que c’était pas ce pourquoi je les utilisais.

Ça m’a vexée dans les deux cas, d’abord parce que même si ce ne sont pas des chevaux de grand prix, j’ai énormément évolué avec eux, et ensuite parce qu’elle n’a jamais posé ses fesses sur la jument et s’est permise de faire des commentaires sur ma façon de la monter. J’ai culpabilisé en me disant qu’elle avait sûrement raison, que je ne devais pas utiliser mes éperons. Je ne les ai pas mis ce jour là, je n’ai jamais passé une si mauvaise séance à cheval, la jument tournait comme un paquebot, rien n’a été. Je suis descendue dépitée mais sure de mes choix. La prochaine fois je les mettrais, et je les utiliserais comme j’estime pouvoir le faire sans blesser la jument. »

Pour le coup, notre amie a profité de cette culpabilité pour se remettre en question, preuve d’ouverture et de maturité. Elle pense même que ces commentaires étaient bienveillants, mais sans les formes, alors que je ne le vois pas en tant que tel étant extérieure à la situation.

Rajoutons à ça une anonyme de 20 ans, qui nous dit :

« Moi on ma dit que mon cheval s’arrêtait à l’obstacle car j’étais trop grande et je le gênait.. Que ça donnerait rien et qu’il fallait que je le vende au plus vite. Petit corps d’anglo-arabe d’1m61 pour mes 80 kilos et 1m72. Grosse remise en question je me suis mise à regarder le meilleur moyen de perdre 20 kilos et de rétrécir de 10 cm mon buste pour que ça aille mieux avec le poney… En vain biensur… Puis mon coach ma dit… » si t’arrête de tirer dans l’abord il va sauter nickel »… Révélation ! Lui, il est plus grand que moi et le cheval ne s’est jamais arrêté avec, forcément si tu tire pas ça va bien! Comment te faire culpabiliser sur du vent ! »

Au final elle a arrêté de tirer et son cheval ne s’arrête plus, sans pour autant qu’elle ai rétrécit de 10 cm.Source : cheval annonce (forum)

Avec ces deux témoignages, j’aimerais mettre en oeuvre une notion de culpabilisation malveillante. À mieux regarder, il me parait peu probable que ces deux témoignages mettent en avant des tiers qui tentaient de faire réfléchir de manière totalement bienveillante. À quel moment pourrais-ce être bienveillant de juger des chevaux « bons à rien » qui ne mèneront nul part ? À quel moment proposer de vendre un cheval qui a pilé, est bienveillant ? Dans les deux cas, les cavalières ont été blessées, et ça me fait penser aux enfants dans la cour de récré, le concours de qui-fait-pipi-le-plus-loin ou qui-a-la-plus-grosse : ton cheval il est nul (souvent pour rajouter que le sien est meilleur), nananinanèreuuuuuh. Ce que j’ai envie de répondre à ça, c’est que la jalousie est un vilain défaut. Quelque soit la frustration provoquée par votre situation, une tierce personne n’a pas à faire de commentaire sur vous, votre cheval, le niveau de votre cheval, j’en passe des meilleures. Pour moi, ce sont des personnes potentiellement toxiques qui ont a coeur de dénigrer le voisin afin de se gonfler elles-mêmes, et une redondance de ce genre de comportement signe la fin de ma chère communication au profit de l’ignorance et la fin de ces amitiés potentiellement mauvaises pour vous et votre confiance en vous-même.

J’aimerais faire un léger aparté sur la notion de « cheval facile », utilisée régulièrement à mauvais escient, toujours afin de dénigrer de manière douce et hypocrite le niveau du cavalier auquel on s’adresse. Quand on dit à quelqu’un que son cheval est facile, on sous-entend souvent qu’on a plus de mérite en tant que cavalier quand on monte un cheval difficile, ce qui n’a absolument aucun sens ! La phrase « c’est normal, ton cheval est facile » quand un cavalier raconte une bonne séance, c’est pire qu’une claque dans la figure. Sauf que dans beaucoup de cas, le cheval est rendu « facile » grâce au travail d’un ou plusieurs cavaliers afin de le rendre tel, sous réserve qu’un cheval puisse être « facile », c’est donc un aboutissement pour un cavalier qui devrait être mis en valeur plutôt que son utilisation actuelle. Après y avoir réfléchi, deux phrases simples reviennent dans ma bouche quand j’entend ce genre de commentaires : « Oui, il est facile grâce à des années de dur travail pour le dresser correctement » (petite phrase qui peut être prise comme un sous-entendu que son cheval est plus difficile parce qu’il ne le dresse pas assez bien… attention aux disputes qui interviennent quand le cavalier en face avait bien une idée malveillante au bout du fil !), ou bien « Oui, merci, on a bien bossé », phrase plus douce ponctuée d’un remerciement qui sous-entend fortement que vous prenez ça pour un compliment, et un petit rappel que cette « facilité » vient du travail. Ne vous laissez pas abattre, vous avez une chance énorme d’avoir un cheval dit facile, et si il ne l’est pas encore, travaillez dur !

⁃ Conclusion.

Après ces quelques témoignages, il ressort plusieurs notions qu’il me semble important de souligner lors de commentaires de votre entourage proche ou pas.

La première, c’est de faire le tri entre la bienveillance et la malveillance. Il faut s’interroger sur le fond du commentaire que vous venez de recevoir, et essayer de trier vos pensées pour décider si oui ou non, il avait pour but de vous aider. Si oui, il est bienveillant, et ça vaut peut être le coup de se remettre en question. Si non… L’ignorance est le meilleur des mépris.

La deuxième, c’est justement cette notion de remise en question. Le monde du cheval est changeant, les pratiques et les modes évoluent, mais l’animal nous encourage à constamment remettre en question notre équitation ou notre mode de fonctionnement. Rien n’est jamais acquis, et il faut parfois admettre qu’il est temps de réfléchir à votre manière de faire. Les commentaires peuvent vous y aider, et cette remise en question peut inclure une culpabilité. Mais elle viendra de vous !

La troisième, c’est de ne pas hésiter à faire savoir quand le commentaire reçu a été mal perçu. Bien ou malveillant, des progrès sont possibles pour votre interlocuteur afin d’améliorer sa façon de s’adresser à vous (et aux autres cavaliers qui l’entourent), mais pour cela il faut qu’il sache que ses répliques ne sont pas acceptées. Ainsi, selon votre humeur du jour, il est conseillé de répondre calmement et de manière bienveillante, d’expliquer que vous n’aimez pas le commentaire/le ton, et que vous n’aimez pas que l’on vous parle comme ça. Au mieux, il tentera de s’améliorer, voir s’excusera. Au pire, il vous enverra promener, et ça fait du tri dans vos connaissances.

N’hésitez pas à me raconter en commentaire de quelles manières vous avez, ou avez été, culpabilisé ! En attendant, j’espère que cet article vous a plu malgré sa longueur. Il a beaucoup trainé et il a été compliqué à organiser (même si c’est encore un peu le bordel). J’espère être comprise et que vous avez pu découvrir des témoignages intéressants !

Publicités