Réflexions, Technique

Motiver son cheval, tout un programme now – aka l’article rapide qui est parti trop loin.

Il y a énormément de types de chevaux différents quant à leur rapport avec la motivation. Rien qu’à la maison, j’en ai deux bien différents là-dessus. Et constamment, pour ma jaunisse, je cherche des nouvelles techniques pour faciliter l’apprentissage, varier les récompenses, créer de nouveaux exercices, et surtout le motiver à effectuer mes exercices avec entrain et non en trainant du sabot comme il en est le professionnel. Si vous avez des enfants, vous voyez bien le votre, à l’heure des devoirs, qui arrive sur le bureau à une vitesse proche d’une moule sautant à cloche-pied, en soufflant si fort qu’il s’auto-décoiffe, et manque d’effondrer sa chaise en s’y laissant tomber avec un relâchement musculaire assez incroyable. Et surtout, vous voyez la mauvaise foi dont il fait preuve, la démotivation, la totale non-envie de travailler son exercice de mathématique dans lequel il doit savoir à quelle heure Michel est parti de Caen pour se rendre à Saint Etienne, sans oublier le petit B où il doit trouver combien il a consommé (le Palmashow, si tu me lis…). Par contre, si vous lui proposez au détour d’un calcul de vite terminer pour pouvoir regarder Zootopie à la télé en mangeant du pop-corn, les chiffres vont couler de source et les devoirs seront vite terminés. Avec nos chevaux, c’est pareil. Si un parent aura la capacité d’adapter l’exercice à la compréhension propre de son enfant (si lui-même comprend ledit exercice, c’est pas dit), un cavalier se doit de faire de même pour adapter l’exercice et le cheminement pour que sa monture comprenne le but et l’effectue sans trop de difficulté, donc pour cette raison, nous pourrons éventuellement revenir sur ce sujet plus tard.

Dans cet article, je vais plutôt me concentrer sur la motivation de nos équins, comment la faire venir à nous, et quelles récompenses et systèmes pouvons-nous mettre en place, en tant qu’humains pour les motiver.

 

La motivation chez le cheval, qu’est-ce que c’est ?

La motivation est l’ensemble des facteurs déterminant l’action et le comportement d’un individu pour atteindre un objectif ou réaliser une activité. C’est la combinaison de l’ensemble des raisons conscientes ou non, collectives et individuelles, qui incitent l’individu à agir au sein d’une équipe. – Jobintee.com/dictionnaire

La motivation en tant que telle, c’est donc ce qui amènerait notre cheval à atteindre l’objectif qu’on lui a fixé. Pour rendre mon article plus clair, je vais donc prendre un exercice simple : faire reculer notre cheval en main. L’objectif ici : faire un pas en arrière. Quelles sont donc les actions à mettre en oeuvre pour faire reculer notre cheval ? A mon sens, elles peuvent se décortiquer en plusieurs groupes : en faire la demande (dans ce cas, le cheval effectue l’exercice parce qu’on lui demande), lui donner une raison logique de le faire (il y a un fossé devant, il nous marche dessus…), lui proposer une récompense (tu recules, tu auras une récompense), lui donner un encouragement (« aller loulouuuuuu, recule, fait plaisir à mamaaaaan)(oui, c’est moi qui parle)(oui, vous allez aussi lire que c’est pas vraiment ce genre d’encouragement). Ce sont les actions principales sur lesquelles je vais donc me pencher ici. Ici, nous parlons donc, selon la définition, de raisons collectives, car une raison individuelle de notre monture pour reculer n’a pas besoin de notre demande, car quand il a la tête dans la clôture, il va reculer de lui-même, nous n’avons pas besoin d’en faire la demande. Ici, je vais bien différencier les notions de récompense (vocale notamment) et d’encouragement, car un encouragement n’est pas une récompense en soit. Je vais également passer rapidement sur la demande, car il sous-entendrait qu’il connait déjà un minimum l’exercice pour l’effectuer sur demande sans action supplémentaire de notre part.

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Ca, c’est quand il recule. ENFIN. 

 

Motiver, les actions à mettre en place dans son exercice.

Ainsi, pour obtenir rapidement la réussite de l’exercice, il parait logique de combiner, au moins au début, les différentes actions de la motivation.

Rappel : Demande, raison logique, récompense U+21C6.svg encouragement. 

Donc, pour un exercice donné étant : Apprendre à notre cheval à reculer.

Une demande : Vocale ou physique ; « Recule » + faire une pression sur le licol ou le poitrail vers l’arrière.

Une raison logique : Faire cette demande devant le pare-botte, un mur, une barre, un fossé. Il paraitra ainsi logique pour la monture de reculer, puisqu’il ne pourra pas vraiment aller à l’encontre de la demande initiale sans risque de manger le mur.

Une récompense : Donnée dès un avancement dans la réalisation de l’exercice, pas seulement à la fin, pour faciliter l’apprentissage. Dans le cas présent, le moindre micro-pas en arrière peut mériter récompense. Nous nous y pencherons plus bas.

Un encouragement : Il n’est pas obligatoire et peut prendre différentes formes, on le fait parfois sans même sans rendre compte. L’encouragement n’est pas forcément verbal ni « positif » en tant que tel : un petit pas vers l’avant de votre part encourage un pas vers l’arrière pour votre cheval, si vous êtes face à lui. Un abaissement des épaules, une pression inconstante sur le point de pression, ou allant de plus en plus fort, sont aussi des encouragements minimes qui peuvent guider votre cheval vers la réponse. Il peut intervenir à n’importe quel moment au cours de l’exercice : dès le début pour une pression inconstante, quand vous voyez que votre cheval ne comprend pas ou cherche la réponse (en mâchouillant par exemple). On peut ne pas utiliser d’encouragement, mais ça risquerait de laisser notre monture mouliner un moment dans la question sans indication pour le réussir, c’est pas très sympa. Ca serait comme l’exercice de maths de votre enfant ; c’est quand même plus simple si vous lui soufflez « relis bien l’énoncé » ou « il a roulé 300km, et consomme avec sa voiture 7L de carburant pour 100km… Tu ne comprend toujours pas la question ?« . Au lieu de le laisser mouliner devant son énoncé, c’est plus sympa de l’aiguiller pour qu’il trouve lui-même la réponse quand la promesse du pop-corn ne suffit pas.

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Le bord de la carrière quand tu as enfin réussi à esquisser quelques pas de déplacement latéraux. Toi-même tu sais.

Une fois tout cela lancé, il faudra renforcer la réponse qu’il va proposer. Attend, renforcer ? C’est quoi encore ce long paragraphe qu’elle va nous pondre, elle ?

 

Renforcer la motivation. Positivement, ou négativement ?

J’aime vulgariser le renforcement positif ou négatif avec toujours cet enfant devant l’exercice de maths, et le rapprocher avec le reculer. Je parlerais ici de renforcement négatif via une « punition », j’entend par la une pression ou une situation désagréable pour le cheval ou l’enfant, et non comme une pression qui est utilisée tout le temps. Je vous laisse un lien plus détaillé sur les renforcements si vous voulez vous y pencher plus sérieusement, je n’ai pas assez d’expérience à sujet du renforcement pour prétendre vous apprendre des choses à son sujet, je vais donc au plus simple et au plus compréhensible et invite votre curiosité à faire la suite.

Voyez plutôt : Votre gamin galère toujours autant devant son exercice débile. Vous commencez doucement à perdre patience, vous avez faim, Monsieur a préparé des lasagnes et votre N+1 vous a fait chier toute la journée, vous voulez juste regarder Zootopie avec du pop-corn et dormir. Vous lui avez demandé de faire cet exercice, vous lui avez donné une raison logique de le faire, qui est que sa maitresse a expressément noté cet exercice dans le cahier de textes pour demain, vous lui avez proposé une récompense qui est un film avec de quoi grignoter (et vous en mourrez d’envie), et vous l’avez encouragé en lui donnant un indice et en surlignant même les notions importantes de l’exercice comme le nombre de kilomètres entre les deux villes, sa vitesse moyenne aux 100km, et la consommation de la voiture. Vous SAVEZ qu’avec une vitesse moyenne de 100km/h, une consommation de 7L/100km et 300km de trajet, Michel a roulé trois heures et a consommé 21L d’essence pendant son périple, mais c’est à lui de trouver la réponse, bordel. En plus, elle consomme beaucoup sa voiture, il roule en Porshe ou quoi ?

Votre cheval, lui, vous voulez le faire reculer en main. Il fait trois degrés à l’écurie, vous avez oublié vos gants, vous commencez à vous les peler sévère votre maman, vous ne sentez plus vraiment vos orteils, et votre cheval ne trouve pas la réponse. Vous lui avez pourtant demandé de reculer en disant fortement et distinctement « RECULE » avec une voix neutre, tout en reculant votre longe vers son poitrail. Vous effectuez l’exercice devant le pare-botte pour que la réponse lui semble logique. Vous avez une rondelle de carotte dans la poche, et vous l’encouragez régulièrement en relâchant la pression sur votre longe et en la reculant de plus en plus loin vers son poitrail en jouant dans vos doigts dessus (si peu que vous les sentiez encore, eux, sans vos gants). Vous connaissez la réponse, vous attendez juste qu’il comprenne vos codes pour reculer un sabot d’un pas, pour pouvoir vite récompenser et le faire assimiler que c’est la bonne réponse et qu’il est sur la bonne voie. Et vous le voyez mouliner, vous regardez, ses oreilles qui bougent dans tous les sens, ça avance autant que votre gamin devant ses maths quoi.

Votre enfant propose une réponse : « Ba… Il a roulé 300 kilomètres en roulant à 100km/h… Il a donc roulé 30 heures ? ».

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Le pire, c’est qu’il est sérieux. 

Votre cheval propose une réponse : il tente d’avancer d’un pas. Enfin d’un micro-pas, merci le pare-botte.

Alors là, s’offre à vous une réponse à sa réponse pour le mettre encore sur la bonne voie : Vous hurlez qu’il est bête à manger du foin, en lui collant le crâne dans son cahier et en le sommant d’arrêter de jouer au petit con with you. Ou alors vous donnez une claque sur le nez de votre cheval en haussant d’un ton avec un « NON » qui agresse l’oreille de votre équin. Les deux seront surpris, bien au courant que la réponse n’est pas la bonne. Vous venez d’utiliser le renforcement négatif : vous avez « puni » la mauvaise réponse. 

Ou alors, vous ne répondez qu’un « cherche encore » à votre progéniture, sans lui caresser la tête. Juste, laissez le continuer dans sa réflexion. Et votre monture, continuez juste vos encouragements, sans rien changer, comme si son geste n’avait aucune incidence ; et c’est bien le cas, puisque c’est la mauvaise réponse. Au bout d’un moment, la chair de votre chair, après réflexion, proposera qu’il a roulé trois heures. A ce moment là, vous esquissez un sourire fier, lui caressez la tête, en lui disant « oui, c’est ça, bravo mon chéri. Tu réponds à la deuxième question en réfléchissant bien maintenant ». Il répondra à la question (puisqu’il a compris l’exercice), et vous allez filer vous goinfrer de lasagnes et de pop-corn devant Zootopie (qui passe dans les prochains jours, d’où l’exemple, c’est pour penser à le regarder). Quant à votre cheval, devant son mur avec l’encouragement qui continu, il a bien compris qu’il s’était planté. Il va donc continuer à mouliner, puis esquisser un pas en arrière. Immédiatement, la pression de la longe va cesser, et vous pouvez mettre en place la récompense promise en lui tendant la rondelle de carotte après une caresse. Vous venez d’utiliser le renforcement positif : vous avez récompensé la bonne réponse.

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Amour et chocolat.

La différence ? « Punir » la mauvaise réponse ou récompenser la bonne réponse. Ca parait infime, et pourtant, ça change beaucoup de chose.

Là, vous réfléchissez et vous vous dites que vous faites les deux, dans la vie quotidienne et la vie équestre. Et bien oui, on est beaucoup à utiliser les deux, et peu à utiliser exclusivement une seule des techniques, même si l’éducation positive chez nos canins commence à faire une entrée fracassante qui montre de grands progrès dans l’apprentissage et le comportement des chiens (et les mêmes résultats sont observés chez nos enfants et nos équins, au passage, mais je n’ai aucune expérience sur une éducation 100% positive pour les deux donc je ne m’avancerais pas dessus). Egalement, des professionnels du monde du cheval utilisent cette technique, notamment avec le clicker (on y reviendra).

Je vous voit venir avec vos gros sabots : Non, les « murmureurs » ne travaillent pas totalement en positif. Par exemple, une technique pour apprendre l’immobilité au montoir à un cheval consisterait à faire tourner le cheval sur lui-même activement lorsqu’il a bougé, et récompenser grandement quand il reste immobile ; ainsi, bouger au montoir devient bien plus fatiguant et désagréable que rester sage et laisser le cavalier monter à l’arrêt. Même si cette technique n’utilise aucune violence (car si vous ne hurlez pas comme un sagouin en le faisant bouger, il n’y a même pas d’agression verbale à son encontre, ce n’est pas comme une claque dans la figure ou un coup de cravache sur le cul, qui sont des techniques violentes), elle utilise bien un mix de renforcement positif et négatif. Tu bouges : je vais te « punir » en te faisant bouger parce que je l’ai décidé. Tu restes immobile ? Je te récompense immédiatement en te tendant un bonbon, te caressant, et en te laissant immobile sans te forcer à bouger, parce que j’ai justement décidé que tu serais immobile. Cette technique, pour l’avoir utilisé sur la jaunisse, a très bien fonctionné, et ce mix des deux renforcements a justement renforcé l’exercice des deux cotés puisqu’il avait une réponse à chacune de ses propositions. Il y a toujours manière à débattre, mais des exemples comme ça, il y en a beaucoup (tu reprends le pied pendant que je le cure, je gueule, tu le laisse gentiment, je te caresse pendant que je l’ai dans la main).

Est-ce qu’utiliser l’un, l’autre ou les deux renforcements, accélèrerai(en)t l’apprentissage et la motivation ? Oui, non, ça laisse une porte ouverte au débat que je serais ravie d’accueillir dans les commentaires (ainsi que vos expériences). A mon sens, il faut surtout s’adapter à notre cheval, mais je dois avouer qu’en me connaissant et en connaissant ma jaunisse, je serais bien incapable de travailler exclusivement au négatif puisque je pars du principe qu’il faut toujours récompenser la bonne réponse. Je pourrais donc travailler avec les deux, comme je l’ai fais jusqu’ici (toujours sans aucune violence cela dit), ou exclusivement en positif (comme je m’apprête à essayer en utilisant le clicker -j’y viens-). A vous de choisir en fonction de vous, votre monture, vos préférences et votre expérience.

 

Les récompenses, quid ?

Les récompenses, même si j’ai eu l’occasion d’en discuter avec d’autres personnes, restent à mon sens obligatoire pour la motivation. Le « tu fais ça parce que je te le demande et tu n’auras rien en contrepartie » ne fonctionne ni sur moi, ni sur Soleil, et encore moins sur le pin’s, faut pas déconner. Moi, ma récompense pour les devoirs, c’était ma séance de poney du samedi, et je peux vous assurer que je combinais devoirs, danse, piano et cathé avec toute la bonne volonté du monde parce que le jeu en valait la chandelle. Pour les choses plus dures, comme aller manger chez mamie pour Noël, ce n’était pas soumis au poney mais à d’autres choses, comme le petit billet que va justement me donner mamie, ou encore le paquet de bonbons que m’a promis papa (vous comprenez pourquoi j’ai été en surpoids toute mon enfance et mon adolescence). Pour la jaunisse, c’est pareil (et c’est un problème) : pas de bonbons dans la poche, pas de bonne volonté, et tu peux me pousser longtemps avant que je recule ma vieille. Le pin’s, si j’oublie de lui gratter les oreilles après l’exercice, je peux me mettre ma fourche derrière l’oreille pour qu’il me fasse plaisir ensuite. C’est pas vraiment du chantage puisque je ne les prive pas d’un besoin vital comme pourraient le faire certains cavaliers véreux (tiens, t’a pas été sympa, ce soir tu manges pas, tu mangeras demain si tu es cool, un peu comparable au « privé de dessert », essayez ça chez moi et je peux vous promettre que je saurais me servir de ma pelle), c’est vraiment une notion de récompense, donnant-donnant en somme. Il en existe des tas, alors je vais juste me concentrer sur quelques-unes en vous donnant les avantages et les inconvénients :

+ La friandise :

Tout le monde a déjà donné une friandise. Sous toutes les formes, toutes les couleurs, tous les gouts, industrielles ou faites maison, biscuit ou simple morceau de fruit, on use et souvent, on en abuse.

Avantages : Un cheval gourmand vous fera du moonwalk sur les antérieurs pour en avoir une. C’est comme le bonbon à la fin des devoirs, les réponses proposées à l’exercice sont multipliées par 100.

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J’ai écris ce passage uniquement pour caler ce GIF. 

Inconvénients : Bouh, le risque de voir loulou devenir mordeur, fouiller dans vos poches, se concentrer uniquement sur votre main plutôt que sur l’exercice en lui-même. L’important, c’est donc de poser des règles claires et vous y tenir ! La friandise, c’est pour récompenser et pas dans le box sans raison (ou alors pas donnée à la main, ou alors changer radicalement de friandise comme un bonbon industriel dans le box mais un quartier de pomme dans l’exercice).

Pistes : Il existe un exercice qui s’appelle « la politesse« , qui est le premier proposé en clicker, et qui consiste à prendre une friandise dans la main devant votre cheval, et attendre qu’il détourne la tête pour lui donner (et clicker par la même occasion). Elle vise à apprendre au cheval à ne plus réclamer. A combiner en renforcement négatif (« non » quand il approche trop sa bouche de votre main), on peut remplacer le clicker par la voix – on y vient.

+ La récompense vocale :

D’une voix enjouée avec un ton agréable, c’est un mot qui a été assimilé à un moment agréable (en donnant une friandise par exemple). Moi, c’est un « oui » assez long et très aigu, ou un « c’est bieeeeeeeeen mon Soleil ». Mon « Oui » est aussi devenu un encouragement, plus grave et plus sec, mais il a bien été assimilé par la jaunisse, d’où l’importance du ton.

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Moi je récompense façon Rondoudou : aigüe et toute douce.

Avantages : C’est gratuit, et ça ne fait pas grossir la monture. De plus, il aura du mal à fouiller vos poches pour le faire sortir.

Inconvénients : Vachement moins motivant que la nourriture, il doit être très bien assimilé pour avoir l’effet escompté et être utilisé régulièrement pour être acquis en tant que récompense. De plus, il est plus difficile pour une personne en situation de handicap, notamment sourde ou muette, de l’utiliser. Il faut penser à tout le monde. De plus qu’il sera assez inutile sur un cheval sourd, vérifiez avant si vous n’utilisez jamais la voix et qu’il n’est pas surpris par les bruits extérieurs.

Pistes : Utiliser la voix, c’est essentiel, alors n’hésitez pas. Si vous fonctionnez avec une autre récompense actuellement, combinez-le dès maintenant à la voix, qui pourra vous être utile pour les exercices en selle où vous ne pouvez pas arrêter l’exercice pour donner un bonbon ou lâcher les rênes en concours pour caresser après un joli saut, ou en liberté quand votre cheval est à distance, comme à la longe. De plus, quand votre cheval vient vers vous au pré, une simple récompense vocale bien assimilée pourra tout changer. A chaque moment, elle peut être utile, y compris au pansage ou dans la vie quotidienne.

+ La récompense physique :

Par là, j’entends principalement la caresse. Si les cavaliers de concours ont la fâcheuse manie de faire « une tape » à leur monture (ce qui est discutable quand on connait la sensibilité de la peau de ces animaux qui sentent les mouches malgré leur cuir et arrivent à la faire fuir en vibrant de la peau, mais ce n’est pas le sujet), cette tape a été assimilée comme récompense car souvent combinée à une récompense verbale qui a aussi été assimilée, pas de secret quoi. Au final, je suis plutôt partisante des caresses, notamment lors des désensibilisations à pieds, sur l’encolure ou gratouille au garrot en selle, ou sous le toupet sans ménagement dès que je le peux, car c’est la récompense la mieux assimilée quand il s’agit de le toucher.

Avantages : Toujours light, toujours gratuite.

Inconvénients : Il faut un cheval bien sensibilisé et qui l’a bien assimilée, comme toujours. De plus, les endroits à récompenses doivent rester pour les récompenser. Exit la caresse sous le toupet sans raison et sans avoir posé de question, comment pourrait-il l’assimiler comme récompense si je l’utilise tout le temps ? Il faut donc bien choisir l’endroit, et comme la voix, s’y tenir : même endroit, même geste. Moi, je caresse son épi sous le toupet, de haut en bas par petits mouvements. Ni plus, ni moins.

Pistes : Comme la voix, elle peut être donc utilisée à cheval, mais pas pour les travaux à distance bien entendu. Mais aussi, si vous caressez avec la main, votre main peut être assimilée par votre cheval a quelque chose d’agréable. Ainsi, si vous levez la main pour le caresser et qu’il a compris que votre main est cool, il sera plus à même de ne pas avoir de réaction de peur, comme il pourrait l’avoir devant une main qui lui a fichu des claques régulièrement. Si vous connaissez parfaitement le passif de votre monture, comme c’est le cas avec ma jaunisse, vous pouvez faire le test : levez la main sans introduction vers l’endroit où vous récompensez actuellement, comme le toupet chez moi. Soleil n’a jamais eu de réaction de recul ou le blanc des yeux qui sortent. Et chez vous ? Votre main est-elle assimilée à 100% comme un truc cool ?

+ Le clicker :

Il fera l’objet d’un autre article prochainement quand j’aurais testé la bestiole, je ne vais donc pas m’étendre des heures dessus. C’est un petit boitier doté d’un bouton qui émet un « clic » quand on appuie dessus, qui est utilisé principalement en éducation canine. Il fonctionne notamment pour l’éducation positive, qui consiste comme expliqué plus haut, à récompenser les bons comportements immédiatement.

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Ca ressemble à ça, et l’image vient du site de l’IFCE, je n’invente donc rien !

Avantages : Ca coute pas très cher (entre un et dix euro si vous voulez un lot), ça se trouve très bien (dans les animaleries, sur les sites d’animalerie, sur l’amazon ou l’ebay), peut être combiné à d’autres récompenses (principalement non verbales, donc, puisqu’il est lui-même une récompense auditive, un peu comme la voix), pratique puisque c’est assez petit et souvent fourni avec une dragonne pour éviter les chutes, et surtout : c’est rapide. Il esquisse une bonne réponse ? Pas de bonbons à sortir très vite si ce n’est pas prévu, pas besoin de prendre le temps de tendre la main vers son endroit à caresse, pas le temps de réfléchir. Bonne réponse = Clic. C’est tout. C’est une éducation et une assimilation à faire bien sur, mais un livre est écrit à ce sujet, je vous laisserais le lien en bas. J’ai prévu de me le commander d’ailleurs, je vous en dirait des nouvelles quand j’aurais essayé. Autre avantage : tous les exercices sont adaptables avec le clicker, il suffit de remplacer la friandise du tutoriel par le clic. Et si vous vous débrouillez bien pour l’accrocher à la selle, vous pourriez essayer de clicker… Ou l’accrocher à votre poignet pendant la longe… Il y a énormément de possibilités.

Inconvénients : Ca fait un accessoire en plus, c’est une éducation et une assimilation à faire, inutilisable sur les chevaux sourds ou par des personnes en situation de handicap ne disposant pas des doigts ou de la main pour s’en servir, et c’est encore un peu confidentiel dans le monde du cheval.

Pistes : Le livre que je vais vous conseiller, pour commencer, ainsi que les articles et les vidéos que je publierais en sources de cet article. C’est déjà pas mal, non ? Pour le prix du livre (25 euro) et le prix d’un clicker (6 euro pour un clicker qui a trois volumes, pratique pour régler en fonction de la proximité avec votre cheval si vous comptez vous y mettre tout le temps), ça peut paraitre un investissement, mais je pense que les résultats pourraient être à la hauteur si vous vous y prenez bien.

 

Conclusion

Si vous êtes encore là, félicitations, (combo de mise en page) même moi j’aurais eu tendance à m’y perdre tant j’ai parlé. Moi qui voulait vous publier un article rapide avant mon départ chez ma belle-famille pour les fêtes, le site m’indique exactement 3853 mots. Ca fait beaucoup pour un article rapide ! Mais si cet article vous a mis sur des pistes pour construire un exercice motivant pour votre monture, pour choisir votre mode de renforcement ou un mix, pour choisir votre récompense, ou simplement pour vous poser question, alors passer une bonne heure à écrire, relire et illustrer cet article aura été bien plus qu’utile. Je serais curieuse de lire vos retours en commentaires : quels modes de récompenses utilisez-vous ? Vos chevaux vous semblent motivés ? Je fini ce long article sur mes liens et mes sources, après vous avoir souhaité de très bonnes Fêtes de fin d’années. Donc, pour moi, ce sera quelques jours de vacances, je passerais quand même lire vos commentaires et les aimer. Et si vous aviez oublié, on a aussi un compte Instagram, le fil est visible sur le coté du site mais on s’appelle @tribulationsequestres et on a jamais mangé personne.

Enjoy !

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Les articles, livres, vidéos et liens sympas pour venir en complément de cet article :

Un article de Valérie de Saint-Vaulry, qui a écrit pas mal de bons livres, à propos de la motivation justement. Un peu doublons avec le miens, mais très intéressant !

Un article d’Alter Equus très bien construit à propos de l’apprentissage via les pressions et les renforcements positifs et négatifs, utiles pour y voir un peu plus clair et y mettre les bonnes bases.

Un article du blog de Kramer qui recense des récompenses alimentaires saines pour vos équins. Même si j’utilise des récompenses industrielles, c’est quand même mieux de choisir des bonbons sains, ou des fruits et légumes pour récompenser. Note : il est bien-sur orienté pour vendre leurs produits, mais j’adore ce site, ce n’est absolument pas un partenariat.

Une vidéo de Southpaw, une youtubeuse équestre qui teste le clicker avec Ras, son poney stressé, notamment avec l’exercice de la politesse dont je vous ai parlé sur les friandises. Vous pouvez tenter de remplacer le clicker par la voix pour cet exercice, ou vous lancer dans le clicker, mais ça illustre bien ma piste à ce sujet.

Un article de Brigitte Lévesque chez Radio-Canada à propos du tapotage notamment et les manières de le remplacer.

Le livre en ligne de Catherine Senn qui se nomme « L’art de la voix avec le cheval », rien que le titre donne… le ton. A lire en ligne ou à acheter d’urgence.

Un site marchand qui propose un clicker multi-son avec volume réglable, si vous avez envie d’essayer avec votre cheval, ou votre chien.

Le livre « Motiver son cheval » d’Hélène Roche sur un site marchand, qui propose une belle introduction au clicker, ainsi que des exercices complets, indispensable quand on veut bien commencer. Malheureusement pas disponible en version numérique, il va falloir s’acquitter de la version papier.

Une vidéo de Bruno Marchal à propos de la récompense sous forme de nourriture, youtubeur équestre simple, spécialisé en conseils et équitation comportementale. A prendre avec des pincettes car très engagé sur cette dernière, ce qui peut être difficile à écouter, mais je vous recommande bon nombre de ses vidéos qui vous seront suggérées sur le coté.

D’autres liens à proposer pour égayer l’article ? Vous avez vous-même écrit à ce sujet ? N’hésitez pas à me soumettre vos liens via commentaire ou par la rubrique contact, je serais ravie de les lire/regarder et les ajouter si le contenu match bien. Petite précision : je ne gère pas encore totalement la plateforme où est hébergée le blog, je n’arrive pas à faire en sorte que les liens soient d’une couleur différente que le reste du paragraphe pour les rendre bien visibles, mes excuses. Ils sont proposés sur tout le premier sujet de chaque phrase proposant un lien. 

 

 

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